Chez Geekothèque, on adore la culture japonaise ! Pour Halloween, plongeons dans l’univers des Yokai. Ces créatures mystérieuses et parfois effrayantes hantent le folklore nippon. Parfait pour une semaine sous le signe de l’épouvante !
L’origine des Yokais ?
Dans les contes européens, on croise des créatures effrayantes : géants, fées, loups-garous, lutins, vampires. Certains y croyaient vraiment ! Qui n’a jamais entendu parler des dames blanches ? Ces fantômes hanteraient cavernes et ravins pour piéger les passants.
Au Japon, place aux Yokai. Malveillants ou malicieux, ils transmettaient des leçons de morale et mettaient en garde contre les dangers. Le terme « Yokai » désigne des phénomènes étranges, incarnant l’inconnu et l’inexplicable. Leurs origines ? Un mélange d’influences chinoises, de contes étrangers et de croyances shintoïstes et bouddhistes. Leurs légendes remontent au 8e siècle, ancrées dans les mythes de création japonaise.
Toriyama Sekien

Dans l’ancien Japon, on croyait ces esprits invisibles aux humains.
Plus tard, avec l’évolution de l’art, on a voulu les représenter. Monstres et fantômes ont pris forme sous les pinceaux des artistes.
Toriyama Sekien fut l’un des premiers à dessiner les Yokai. Son travail a lancé une nouvelle tradition, influençant les beaux-arts et le théâtre japonais.
GeGeGe no Kitaro
Cependant, les Yokai ont longtemps été oubliés, perçus comme des restes d’un passé superstitieux.
Après la Seconde Guerre mondiale, Shigeru Mizuki les remet en lumière. Avec GeGeGe no Kitaro, il relance l’intérêt pour le surnaturel.
Aujourd’hui, mangas, animés et jeux vidéo s’inspirent largement de cet univers fascinant.

Les différents types de Yokais
Au fil de l’histoire japonaise, les Yokai ont pris des significations diverses. Ils incarnent souvent le monde surnaturel.
Le mot Yokai se traduit par « monstre », « démon« , « esprit » ou « gobelin ». Mais attention, ils ne se ressemblent pas tous ! Certains sont dangereux ou malveillants, d’autres farceurs ou bienveillants. Certains portent même bonheur.
Mais pour rester dans l’ambiance de la frayeur, oublions les Yokai « gentils »… 😉

Bakemono :
Ces créatures peuvent changer d’apparence à volonté. Parfois fantômes, parfois monstres, elles troublent la frontière entre réel et surnaturel.
Le plus souvent, elles incarnent des antagonistes effrayants. Pourtant, certaines prennent l’apparence d’une épouse animale.
Parmi les Bakemono les plus célèbres, on retrouve le tengu, le kappa, le kitsune (renard), le tanuki (chien viverrin), le mujina (blaireau) et l’oni. Ce dernier, un ogre cornu armé d’une massue en fer, fait trembler bien des légendes.

Le Tengu :
Dans les anciens rouleaux japonais (Tengu-sōshi), le Tengu représentait les prêtres bouddhistes orgueilleux, punis après leur mort.
Avec le temps, il s’est aussi lié aux Yamabushi, moines ascétiques, et à l’art du combat.
Ce démon se reconnaît facilement : long nez, expression colérique, ailes puissantes. Grâce à elles, il fend les airs avec aisance.

Oni:
Créature polymorphe, ce diable japonais trompe les humains en changeant d’apparence.
De forme humanoïde, il arbore des traits animaux : cornes, longues griffes et parfois des défenses de sanglier.
Son apparence varie selon les régions. Rouge, bleu ou vert, il porte un pagne en peau de tigre ou des vêtements traditionnels, selon les légendes.
Dans le manga One Piece, Kaido est un Oni célèbre. Puissant et presque indestructible, il peut se transformer en dragon géant.
Les Oni apparaissent aussi dans Légendes du Tonnerre Kodama, une magnifique série animée sur Netflix inspirée du folklore japonais.

Le Kitsune :
Cet esprit prend la forme d’un renard à neuf queues. Polymorphe, il possède des pouvoirs magiques qui se renforcent avec l’âge.
À cent ans, le Kitsune gagne la capacité de se transformer et d’adopter une forme humaine séduisante.
Il est aussi connu sous le nom de Huli Jing en Chine et Kumiho en Corée. Il partage des traits avec le Rakshasa indien, notamment l’illusion et un caractère espiègle.
Pour estimer l’âge d’un Kitsune, il suffit de compter le nombre de ses queues.

Yurei :
Les Yurei sont des esprits ou fantômes dans la culture japonaise. Ils représentent souvent des âmes perdues, incapables de trouver la paix.
Leur apparence est celle d’une silhouette pâle, vêtue d’un kimono blanc, symbole du deuil.
Contrairement aux esprits bienveillants, les Yurei sont liés à la colère, la tristesse ou le désespoir. Ces sentiments proviennent de morts tragiques, comme un meurtre, un suicide ou une mort prématurée.

Kappa :
Les Kappa sont des êtres aquatiques de taille humaine, avec une apparence amphibienne.
Ils ont généralement la peau verte ou bleue, un corps de tortue et une carapace sur le dos.
Une de leurs caractéristiques les plus distinctives est le « plat » sur le sommet de leur tête, qui contient de l’eau et leur confère du pouvoir. Si ce plat est vidé, le Kappa perd sa force et devient inoffensif.

Mononoke :
Le terme Mononoke signifie « objet de mystère » ou « chose spirituelle ». Il désigne des êtres pouvant être à la fois bienveillants et malveillants.
Ces entités sont souvent les âmes de défunts, mais peuvent aussi être des manifestations d’objets, de phénomènes naturels ou d’animaux.
Le concept de Mononoke est au cœur du film Princesse Mononoké (1997), réalisé par Hayao Miyazaki. Dans ce film, les Mononoke sont des esprits de la forêt qui luttent pour protéger leur habitat des destructions humaines.
La mythologie japonaise, riche et variée, regorge de créatures fascinantes comme les Yokai, qui captivent l’imagination depuis des siècles. Que ce soit le terrifiant Oni, le rusé Kitsune ou le protecteur Kodama, chaque esprit raconte une histoire unique, ancrée dans les croyances et valeurs de la culture japonaise.
Si vous souhaitez découvrir des mangas inspirés de ces folklores et Yokai, n’hésitez pas à lire notre article ici (lien).